Rester assis longtemps augmente-t-il mon risque de cancer, même si je fais du sport ?
Rester assis de longues heures augmente le risque de certains cancers, même chez les personnes sportives. En plus de bouger régulièrement, cherche aussi à réduire activement ta sédentarité : les deux agissent ensemble, pas l'un à la place de l'autre.
Rester assis de longues heures augmente le risque de certains cancers, même chez les personnes qui font régulièrement de l'exercice. Plusieurs grandes méta-analyses le confirment. Le sur-risque n'est pas spectaculaire, mais il est mesurable : environ 7 à 29 % selon le type de cancer, et 13 % en moyenne pour l'ensemble des cancers. Le risque de mourir d'un cancer est quant à lui 18 % plus élevé chez les personnes très sédentaires.
Les cancers pour lesquels ce lien est le plus net sont ceux de l'utérus, des ovaires, du côlon, du sein, de la prostate et du rectum. Pour la plupart, les preuves sont jugées 'suggestives' : l'association a été retrouvée à plusieurs reprises, mais un lien de causalité formellement établi chez l'humain fait encore défaut pour certains types. Une étude de randomisation mendélienne (méthode génétique permettant de tester la causalité) apporte toutefois des arguments plus solides pour le cancer du sein : le lien n'y serait pas dû au hasard.
Le sport aide, mais ne résout pas entièrement le problème. Quelqu'un qui bouge beaucoup et reste aussi beaucoup assis présente un risque plus faible que quelqu'un de sédentaire qui ne fait pas de sport, mais un risque plus élevé que quelqu'un qui, en plus de faire du sport, limite sa sédentarité. Autrement dit, une heure de vélo le matin ne compense pas huit heures de bureau qui suivent. Réduire le temps assis et augmenter l'activité physique sont donc deux leviers complémentaires, et non interchangeables.
Le sport possède par ailleurs un effet protecteur solidement documenté contre six cancers : ceux de la vessie, du sein, du côlon, de l'utérus, de l'œsophage et de l'estomac. Attention cependant : la pratique sportive en extérieur est associée à un risque accru de mélanome, une forme grave de cancer de la peau. Une bonne protection solaire n'est donc pas un détail.
Fondé sur plusieurs revues systématiques et méta-analyses (PMID 32741068, 31626056, 35612669, 29589226, 25599350). Toutes les associations sont de nature statistique ; un lien de causalité chez l'humain n'est étayé que par l'étude de randomisation mendélienne portant sur le cancer du sein. Les estimations de risque sont ajustées pour tenir compte du niveau d'activité physique.