Un masque visage est-il vraiment efficace ou relève-t-il surtout du soin plaisir ?
Un masque LED ou un masque contenant des actifs comme l'acide salicylique fait mieux que ne rien faire, mais les effets restent modestes et de nombreuses études sont petites ou financées par l'industrie. Privilégie un masque dont l'actif est reconnu et adapté à ton problème de peau spécifique.
Le masque LED à lumière rouge dispose des preuves les plus solides parmi tous les types de masques examinés ici. Dans l'essai clinique le mieux conçu (randomisé, en double aveugle, avec un faux appareil comme contrôle, 60 participants), les pattes-d'oie s'amélioraient chez environ 86 à 89 % des utilisateurs après 16 semaines d'utilisation à domicile, contre 17 à 20 % dans le groupe contrôle. Un écart aussi marqué dépasse largement l'effet placebo. Deux autres études sur les LED ont aussi observé des améliorations des rides, de la texture et des taches, mais sans groupe contrôle, ce qui ne permet pas d'exclure un effet placebo. L'une d'elles présentait par ailleurs un conflit d'intérêts : les chercheurs étaient liés à l'entreprise fabricant le masque.
Les masques cosmétiques contenant des actifs peuvent dépasser le simple luxe, à condition de renfermer les bons ingrédients. Un masque à l'acide salicylique réduisait l'acné et les points noirs de façon mesurable, davantage qu'un sérum appliqué sans masque, dans un essai randomisé portant sur 83 personnes. Bémol : cette étude était financée par L'Oréal. Les masques hydratants sont bien documentés pour la récupération après un traitement laser : deux études en double aveugle menées sur 30 à 60 participants chacune ont montré une restauration plus rapide de la barrière cutanée, ainsi qu'une rougeur et une perte d'eau réduites. Il s'agit toutefois d'applications médicales post-traitement, non d'une preuve d'efficacité pour un usage quotidien sur peau saine.
Pour un soin plaisir quotidien sans problème de peau particulier, les données scientifiques sont moins convaincantes. Les effets sur la barrière cutanée après le port prolongé de masques chirurgicaux ont bien été documentés (essai randomisé, 64 participants), mais L'Oréal figurait là encore parmi les organisateurs. Un masque imprimé en 3D combinant plusieurs actifs n'en est encore qu'au stade de la preuve de concept, loin de tout produit commercialisé.
Un fil conducteur se dégage de ces études : quand un masque délivre un actif ciblé (LED rouge, acide salicylique, panthénol après laser), un effet mesurable existe. Presque toutes les études sont cependant petites, de courte durée, et parfois réalisées par le fabricant lui-même, ce qui invite à interpréter l'ampleur des résultats avec prudence.
8 études, environ 387 participants au total. Les méthodes varient considérablement : certaines études n'ont pas de groupe contrôle, d'autres sont randomisées en double aveugle. Plusieurs ont été réalisées ou cofinancées par des acteurs commerciaux (L'Oréal, fabricants de masques).