L'activité physique régulière freine-t-elle cette inflammation chronique de bas grade qui s'installe en silence ?
L'activité physique abaisse de façon mesurable l'inflammation chronique de bas grade. Pour la plupart des gens, et notamment pour les personnes atteintes de diabète de type 2, la combinaison cardio et musculation constitue le choix le mieux étayé.
Oui, bouger réduit de façon mesurable cette inflammation chronique silencieuse. Les muscles en activité produisent une molécule qui inhibe le TNF-alpha, un médiateur pro-inflammatoire impliqué dans la résistance à l'insuline et l'athérosclérose (durcissement progressif des artères). Des études animales et humaines confirment ce lien1,2,3. La dose optimale exacte reste toutefois inconnue.
C'est chez les personnes atteintes de diabète de type 2 avec surpoids que ce sujet a été le plus étudié. Une méta-analyse portant sur 20 études et plus de 1 200 participants montre qu'une combinaison d'entraînement cardio et de musculation abaisse les marqueurs inflammatoires de façon mesurable par rapport aux soins habituels seuls4. La qualité des preuves est modérée et les études sous-jacentes comportent une certaine incertitude, mais la tendance est constamment favorable.
Chez les personnes âgées fragiles, l'effet anti-inflammatoire s'accompagne d'une moindre dégradation cellulaire, d'un meilleur fonctionnement des mitochondries (les centrales énergétiques des cellules) et d'une autophagie renforcée, c'est-à-dire une meilleure capacité des cellules à éliminer leurs propres déchets5. Un programme combinant musculation, endurance, équilibre et souplesse, adapté à chaque personne, se révèle plus efficace qu'un seul type d'entraînement. Chez les personnes souffrant de BPCO, une réhabilitation physique structurée atténue l'inflammation, améliore la fonction vasculaire et diminue le risque d'exacerbation aiguë6.
Les preuves les plus solides concernent les maladies cardiovasculaires et la mortalité prématurée. De grandes études montrent de façon constante qu'une meilleure condition physique et davantage d'activité diminuent ces risques7,8. L'inflammation est l'un des mécanismes en jeu, aux côtés des effets sur la pression artérielle, le métabolisme des graisses et la fonction cardiaque.
Il existe aussi des limites. Dans les maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde, l'effet est biologiquement plausible, mais les preuves directes restent rares et contradictoires3. Pour une protection indirecte contre la perte musculaire, la démence ou l'ostéoporose via la réduction de l'inflammation, le lien est vraisemblable, mais la chaîne causale n'est pas encore entièrement établie2.
Fondé sur plusieurs méta-analyses et études humaines (PMID 38887616, 15772055, 31181700, 32249021, 32234291, 40255692, 26139859, 26606383). La qualité des preuves va de modérée (marqueurs inflammatoires, personnes âgées fragiles, BPCO, maladies rhumatismales) à solide (maladies cardiovasculaires et mortalité). Aucune des sources ne signale de risque de sécurité pertinent lié à une activité physique modérée et régulière.