La cryothérapie corps entier est-elle vraiment bénéfique pour ta santé ?
La CCE envoie de petits signaux positifs dans certaines situations, notamment pour la douleur après une opération du genou et, peut-être, pour le profil lipidique. Mais les preuves sont trop maigres et trop hétérogènes pour recommander la pratique à grande échelle. Si tu veux l'essayer, sache que des effets indésirables comme les brûlures cutanées par le froid sont possibles et qu'aucun protocole standard n'existe à ce jour.
Après plusieurs séances de cryothérapie corps entier (CCE), les triglycérides baissent de façon mesurable ; le LDL et le cholestérol total semblent également diminuer. C'est ce que révèle une synthèse portant sur sept études. Les auteurs eux-mêmes tempèrent pourtant l'enthousiasme : les effectifs étaient faibles et les protocoles si différents d'une étude à l'autre qu'il est impossible de simplement additionner les résultats. Les personnes ayant un IMC plus faible semblaient répondre davantage au traitement. Il s'agit donc de signaux préliminaires, pas de conclusions établies.
Pour les sportifs qui cherchent à récupérer rapidement après l'entraînement ou la compétition, la CCE déçoit. L'immersion en eau froide donne là de meilleurs résultats. Sur ce point précis, la CCE n'apporte pas grand-chose.
Après une reconstruction du ligament croisé antérieur du genou, quelques données suggèrent que la CCE réduit la douleur et limite le recours aux analgésiques. La solidité de ces preuves reste toutefois faible. Dans un cadre orthopédique plus large, pour des pathologies comme l'arthrose ou la fibromyalgie, les résultats sont hétérogènes et peu étayés. Des effets indésirables ont aussi été signalés : brûlures cutanées par le froid et diminution temporaire de la force musculaire.
Dans une petite étude menée auprès de 22 personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique, les améliorations de la fatigue et de la concentration se maintenaient en grande partie quatre semaines après la fin du traitement. Toutefois, le taux d'abandon était si élevé que ces résultats méritent d'être interprétés avec prudence.
Un obstacle pratique traverse l'ensemble de la recherche sur la CCE : la température, la durée et le nombre de séances varient considérablement selon les études, ce qui rend toute comparaison difficile et ne permet pas de savoir quel protocole adopter. Enfin, l'hypothermie thérapeutique utilisée chez les nouveau-nés après un manque d'oxygène au cerveau est une technique médicale radicalement différente de la CCE commerciale : il serait faux de les mettre dans le même panier.
Sources : plusieurs petits essais cliniques randomisés et études observationnelles, une méta-analyse portant sur 7 études (effet sur les lipides), une étude menée auprès de 22 patients atteints du syndrome de fatigue chronique. Des preuves solides (grand essai clinique randomisé) n'existent que pour l'hypothermie néonatale médicale, pas pour la CCE commerciale.