Les compléments alimentaires à base d'ail aident-ils contre l'hypertension ou le cholestérol élevé ?
Les compléments d'ail peuvent réduire modérément la tension artérielle et le cholestérol, mais ils ne remplacent pas un traitement médicamenteux et ne constituent pas une protection démontrée contre les crises cardiaques ou les AVC.
Les compléments d'ail peuvent réduire modérément ta tension artérielle et ton cholestérol. Plusieurs grandes méta-analyses d'essais cliniques randomisés le montrent de façon cohérente. L'effet est le plus marqué quand la tension est déjà élevée (au-dessus de 140/90 mmHg) : la pression systolique (le chiffre du haut) baisse alors en moyenne de 8,7 mmHg et la pression diastolique (le chiffre du bas) de 6,1 mmHg. Sur l'ensemble des participants, les baisses sont plus modestes : 5,1 mmHg et 2,5 mmHg. Ces chiffres peuvent sembler faibles, mais ils sont comparables à ce qu'apportent une activité physique régulière ou une réduction du sel. Ces résultats sont issus de 20 études portant sur 970 participants1,2,3.
L'extrait d'ail vieilli a été étudié séparément dans 9 études regroupant 584 personnes. La pression systolique a baissé en moyenne de 4 mmHg et la pression diastolique de près de 1,5 mmHg. La dose compte : l'effet sur la pression diastolique n'est apparu qu'à partir de 1 200 mg par jour. En dessous de ce seuil, l'effet était à peine mesurable2.
Pour le cholestérol aussi, le bilan est plus favorable qu'on ne le pensait. Les compléments d'ail peuvent abaisser le cholestérol total et le LDL (le «mauvais» cholestérol) d'environ 10 %, mais uniquement si le cholestérol est déjà légèrement élevé (au-dessus de 200 mg/dL) et si la prise dure plus de 2 mois. C'est ce que révèle une méta-analyse de 39 études portant sur 2 300 participants1. Une analyse plus large confirme aussi des effets favorables sur les triglycérides et le HDL (le «bon» cholestérol)4. Une étude plus ancienne datant de 2002 était plus sceptique quant à la portée pratique de cet effet5, mais les analyses récentes et plus étendues brossent un tableau légèrement plus positif.
La molécule active, l'allicine, a démontré en laboratoire des mécanismes plausibles par lesquels elle peut influencer la tension et le cholestérol6. Ce qui fonctionne en laboratoire ne se transpose pourtant pas automatiquement à l'être humain. Toutes les études disponibles mesurent des paramètres intermédiaires comme la tension ou le cholestérol, et non des résultats concrets tels que les crises cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou la mortalité. On ignore donc encore si l'ail réduit réellement ces risques.
L'ail ne doit en aucun cas remplacer un traitement médicamenteux prescrit contre l'hypertension ou le cholestérol. Si tu souhaites l'utiliser en complément, parles-en d'abord à ton médecin. Arrêter seul un traitement prescrit au profit de compléments d'ail n'est pas une démarche raisonnée3,1.
Données issues de plusieurs méta-analyses d'essais cliniques randomisés, couvrant jusqu'à 39 études et 2 300 participants. Une étude a bénéficié d'un financement industriel. Les résultats de 2002 divergent légèrement des conclusions plus récentes. Aucune étude à long terme n'existe à ce jour sur les maladies cardiovasculaires ou la mortalité.