L'oil pulling (se rincer la bouche avec de l'huile) est-il vraiment efficace ?
L'oil pulling présente des indices préliminaires d'un effet modeste sur les gencives et la plaque dentaire, mais les preuves sont encore trop fragiles pour le recommander comme véritable alternative à la chlorhexidine. En complément du brossage et du fil dentaire, il est probablement sans danger, mais n'en attends pas des miracles.
L'oil pulling a un effet modeste sur les gencives et la plaque dentaire. Une synthèse de 25 études portant sur plus de 1 100 participants montre qu'il réduit l'inflammation gingivale mieux que les bains de bouche classiques, mais moins bien que la chlorhexidine (l'antiseptique buccal de référence) pour ce qui est de la plaque. Les chercheurs eux-mêmes ont évalué la qualité des preuves comme «très faible», ce qui rend les chiffres précis incertains.
Sur la mauvaise haleine, le tableau est contrasté. Une petite étude menée chez des adolescents portant un appareil dentaire a observé, après 20 jours d'oil pulling, encore moins de bactéries anaérobies qu'avec la chlorhexidine. Pourtant, une revue systématique de 26 études a conclu qu'il n'existe pas suffisamment de preuves que l'oil pulling s'attaque vraiment à la mauvaise haleine. Ces deux résultats proviennent d'études présentant un risque élevé de biais, donc il est trop tôt pour tirer des conclusions fermes.
L'huile de sésame semble être la variante la mieux étudiée en santé bucco-dentaire. Dans une étude réalisée chez 120 patients souffrant de maladies des gencives, l'oil pulling à l'huile de sésame s'est révélé aussi efficace que la chlorhexidine pour réduire la plaque. Chez des patients atteints de diabète de type 2, un marqueur d'inflammation (la CRP, protéine qui augmente lors d'une inflammation) et les triglycérides sanguins ont également diminué, ce que la chlorhexidine n'a pas produit. Il s'agit d'une seule étude de 30 jours, et ses effets à plus long terme restent inconnus.
L'huile de coco est populaire pour l'oil pulling, mais les données sur la santé bucco-dentaire sont trop rares pour en tirer des conclusions. Un point important à distinguer : consommer de l'huile de coco augmente de façon démontrée le LDL-cholestérol et le cholestérol total. Ce risque ne s'applique pas au rinçage suivi du recrachage, mais cela montre que l'huile de coco n'est pas «saine» par nature.
La plupart des dentistes et des étudiants en chirurgie dentaire restent sceptiques face à l'oil pulling, en raison du manque de preuves solides, même si beaucoup reconnaissent un certain potentiel pour les gencives et l'haleine. Une étude en laboratoire sur un produit d'oil pulling enrichi en huiles essentielles a donné des résultats prometteurs sur la croissance bactérienne sur les appareils dentaires, mais le chercheur principal a un intérêt commercial dans ce produit et l'étude n'a testé aucun patient réel. Ce qui maintient vraiment la bouche et les gencives en bonne santé est, lui, bien documenté : se brosser les dents chaque jour, utiliser du fil dentaire et le fluorure. L'oil pulling n'est, au mieux, qu'un complément à ces pratiques.
Toutes les affirmations s'appuient sur les PMID 37635453, 31710011, 41526321, 33227726, 39791569, 33689936, 41372343, 41350678. La qualité des preuves dans la méta-analyse a été évaluée par la méthode GRADE comme «très faible certitude». Les petits échantillons et les durées d'observation courtes dominent ce champ de recherche.