La créatine influence-t-elle les niveaux de dopamine ?
Chez les personnes en bonne santé, la créatine n'a aucun effet démontré sur la dopamine sanguine. Les signaux positifs proviennent pour l'instant exclusivement d'études animales.
Chez les personnes en bonne santé, la créatine n'a aucun effet mesurable sur la dopamine sanguine. Dans un essai clinique randomisé, les participants ont pris cinq grammes de créatine quatre fois par jour pendant sept jours, puis ont été maintenus éveillés pendant 24 heures. Le taux de dopamine dans le sang a augmenté dans les deux groupes, mais c'est le manque de sommeil qui en était responsable, pas la créatine. Celle-ci n'a pas fait mieux que le placebo1.
Les études chez la souris donnent un tableau différent. Chez des souris exposées à une substance qui endommage le système dopaminergique, la créatine a limité la perte de dopamine dans une région cérébrale centrale dans la maladie de Parkinson. Le nombre de neurones producteurs de dopamine détruits était également plus faible dans le groupe créatine. Ces résultats restent strictement issus de la recherche animale et n'ont pas encore été confirmés chez l'être humain2.
Lorsque la créatine était associée à la coenzyme Q10 (un antioxydant produit naturellement par l'organisme), le même type d'étude chez la souris a montré une protection supplémentaire du système dopaminergique. L'accumulation d'une protéine toxique caractéristique de la maladie de Parkinson était également freinée. Personne ne sait encore si cet effet combiné est aussi marqué chez l'être humain2.
La créatine a tout de même été étudiée chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Une étude de phase II de plus petite taille a montré un signal positif sur la sévérité de la maladie, mais les résultats d'une phase III de grande envergure manquaient encore au moment de la publication en 2011. Sur la base des recherches actuelles, il est impossible d'affirmer que la créatine agit réellement sur la dopamine cérébrale chez l'être humain2.
Quatre affirmations reposent sur deux sources distinctes : un essai clinique randomisé chez l'être humain (PMID 16416332) et une revue portant sur des études animales concernant la maladie de Parkinson (PMID 21448659). Les données humaines se limitent à la mesure de la dopamine sanguine dans un contexte de privation de sommeil. Aucune étude chez l'être humain ne mesure directement la dopamine dans le cerveau.