Les myrtilles et autres fruits rouges/bleus sont-ils vraiment bons pour le cerveau ?
Consommer des myrtilles chaque jour a un effet positif modeste mais cohérent sur la mémoire et la santé vasculaire, surtout si tu remarques déjà un léger déclin cognitif. Pour les personnes sans symptômes, le bénéfice est moins certain, mais le risque est nul et la possibilité d'en tirer profit reste réelle.
Les myrtilles améliorent la mémoire de façon la plus nette chez les personnes âgées présentant un déclin cognitif léger. Une méta-analyse portant sur 9 études contrôlées et plus de 500 participants montre qu'une consommation prolongée améliore modestement mais de manière fiable la mémoire épisodique (le souvenir des événements vécus) et la mémoire verbale. Aucun effet n'a été observé sur la vitesse de traitement, la mémoire de travail ou la mémoire spatiale.
Chez des personnes âgées en bonne santé (65-80 ans), consommer chaque jour l'équivalent d'environ deux poignées de myrtilles lyophilisées en poudre pendant 12 semaines a amélioré la mémoire des mots et la flexibilité mentale par rapport à un placebo. La même étude a aussi observé une plus grande souplesse des artères et une baisse moyenne de la pression artérielle d'environ 3,6 mmHg. Ce sont des effets relativement modestes dans une seule étude, mais leur direction est cohérente avec l'ensemble des données disponibles.
Tout le monde n'en tire pas le même bénéfice. Chez des personnes atteintes de syndrome métabolique (surpoids, hypertension, glycémie perturbée) mais sans troubles cognitifs, six mois de consommation quotidienne de myrtilles n'ont apporté aucun avantage mesurable sur les capacités de réflexion, l'humeur ou le sommeil. Seul le calme ressenti s'est brièvement amélioré après la prise. Cela laisse penser que les bénéfices cérébraux apparaissent surtout chez des personnes déjà touchées par un déclin cognitif, plutôt que chez toute personne au mode de vie imparfait.
Les substances actives sont les anthocyanes, les pigments colorants qui donnent aux myrtilles leur teinte bleue. Ils freinent l'inflammation, limitent les dommages oxydatifs et améliorent le fonctionnement des vaisseaux sanguins ainsi que la régulation de la glycémie. Ces mécanismes protègent aussi le cerveau, même si le chemin précis entre la molécule ingérée et l'effet cérébral n'est pas encore entièrement élucidé. Quant à la stimulation de la formation de nouveaux neurones par les myrtilles, elle n'a pour l'instant été démontrée que dans des études sur des animaux et des cultures cellulaires, pas chez l'être humain.
De grandes études de population établissent également un lien entre la consommation régulière de myrtilles et un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2, ce qui profite indirectement à la santé cérébrale. Un vaste essai clinique portant sur l'effet chez des personnes à risque de maladie d'Alzheimer est encore en cours et ses résultats ne sont pas encore publiés. Pour tirer le meilleur parti des myrtilles sur le plan cérébral, une consommation quotidienne et sur la durée semble indispensable, et le bénéfice est surtout au rendez-vous si tu commences déjà à remarquer des oublis.
Basé sur 1 méta-analyse (9 essais contrôlés randomisés, n=513), 1 revue systématique (11 essais contrôlés randomisés), 3 essais contrôlés randomisés individuels (n=35-61), 1 revue épidémiologique/narrative et 1 protocole d'étude. Les données sur la neurogenèse proviennent d'études animales. Aucun résultat publié de l'essai clinique sur le régime MIND.