Peut-on prévenir la démence grâce à son mode de vie?
Le mode de vie a une influence réelle, mais limitée, sur le risque de démence: arrêter de fumer, maîtriser sa pression artérielle et bouger régulièrement sont les démarches les mieux étayées que tu peux adopter dès maintenant.
Environ un tiers des cas de démence est lié à des facteurs sur lesquels tu peux agir. C'est encourageant, mais cela signifie aussi que deux tiers dépendent de l'âge et de la génétique, des éléments que tu ne peux pas modifier. La démence n'est donc pas entièrement évitable: on peut seulement en retarder l'apparition ou en réduire la probabilité.
Les facteurs de risque modifiables les plus importants sont concrets et bien identifiés. Fumer est associé à près du double du risque de démence. Une hypertension mal contrôlée entraîne un risque comparable. Le diabète est quant à lui lié à plus du double du risque. Ce ne sont pas des effets négligeables, et tu peux agir sur ces trois facteurs, même si les études disponibles ne prouvent pas de lien de causalité directe.
L'activité physique a un effet démontrable. L'entraînement aérobie comme la musculation sont tous deux associés à un risque réduit de déclin cognitif. Les personnes âgées qui bougent régulièrement conservent plus souvent leurs capacités de réflexion. L'ampleur exacte de cet effet reste incertaine. Le lien social joue également un rôle: vivre seul ou être socialement isolé était associé, dans de larges études observationnelles, à plus de 2,5 fois le risque de démence. C'est une association forte, même si rien ne prouve encore que des interventions sociales réduisent effectivement ce risque.
L'étude finlandaise FINGER a combiné alimentation, activité physique, stimulation cognitive et contrôle de la pression artérielle au sein d'un même programme, et a mis en évidence une amélioration cognitive mesurable chez des personnes âgées présentant un risque élevé de démence. Deux autres grandes études n'ont pas trouvé d'effet sur l'ensemble des participants, mais en ont relevé un chez ceux qui cumulaient des facteurs de risque supplémentaires. Cela suggère qu'une approche combinée est surtout pertinente pour les personnes déjà exposées à un risque accru, pas nécessairement pour tout le monde.
Les résultats concernant l'alimentation sont mitigés. Le régime méditerranéen est souvent présenté comme protecteur, mais les études se contredisent en partie. À ce jour, aucun régime alimentaire ni aucun complément alimentaire n'a fait la preuve de sa capacité à prévenir la démence. Un niveau d'études élevé et une stimulation intellectuelle continue sont en revanche régulièrement associés à un risque réduit, vraisemblablement parce qu'un cerveau mieux entraîné compense plus longtemps les atteintes qu'il subit.
Toutes les affirmations s'appuient sur les PMID fournis. Les données proviennent principalement d'études observationnelles et de larges études de cohorte, complétées par quelques essais cliniques randomisés (FINGER, MAPT, PreDIVA). Les preuves causales restent limitées: les associations sont cohérentes, mais elles ne démontrent pas de causalité.