Que fait la consommation quotidienne de café à tes bactéries intestinales ?
Une consommation modérée de café au quotidien, jusqu'à 4 tasses, est associée à une composition plus favorable et à une plus grande diversité du microbiote intestinal, mais les preuves sont observationnelles et pas toujours cohérentes entre les études. Au-delà de 5 tasses par jour, des risques apparaissent : plus n'est donc pas mieux.
Boire du café chaque jour modifie de façon mesurable la composition de ta flore intestinale. Une consommation modérée, inférieure à 4 tasses par jour, est associée à une plus grande présence de bactéries considérées comme bénéfiques, notamment les Bifidobacterium ainsi que des groupes plus larges comme les Firmicutes et les Actinobacteria. Parallèlement, les études montrent que les amateurs de café hébergent moins de Bacteroidetes et d'Entérobactéries, ce qui est généralement interprété comme un signe favorable.
La diversité des espèces bactériennes présentes dans l'intestin semble également plus élevée chez les personnes qui boivent du café. Un microbiote varié est habituellement considéré comme la marque d'un environnement intestinal plus sain. Toutes les études ne s'accordent pas sur ce point : certaines ne constatent aucun effet ou un effet différent, si bien que ce résultat, bien que récurrent, reste débattu.
Le café accélère aussi la motilité du côlon, c'est-à-dire la capacité du gros intestin à se contracter et à faire avancer son contenu, ce qui peut favoriser un transit plus régulier. Des travaux récents suggèrent que cet effet est en partie lié à l'influence du café sur les bactéries intestinales elles-mêmes, même si ce lien n'est pas encore complètement élucidé.
Des études en laboratoire et sur l'animal ont également mis en évidence des indices selon lesquels le café protégerait la muqueuse intestinale contre les dommages oxydatifs et l'inflammation. Ces résultats restent prometteurs, mais ce type de recherche ne se transpose pas systématiquement à l'être humain.
Consommer plus de 5 tasses par jour est associé à un risque accru de reflux gastro-œsophagien, de gingivites et, chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn, d'une aggravation des symptômes. Ces associations proviennent d'études observationnelles et constituent une raison valable de ne pas abuser du café. Par ailleurs, l'ensemble des travaux décrits ici est de nature observationnelle : ils mettent en évidence des corrélations, mais ne prouvent pas que le café modifie directement et de façon causale la composition du microbiote.
Toutes les données proviennent d'études observationnelles (associationnelles) et d'une revue de littérature (PMID 39339755, 35057580, 38613077, 33383958). Aucun essai clinique randomisé contrôlé n'est disponible pour établir un lien de causalité. Les auteurs mentionnent explicitement la présence de résultats contradictoires dans la littérature.