Comment un excès de LDL ou d'ApoB bouche-t-il les artères ?
Un excès de particules de LDL et d'apoB déclenche une réaction en chaîne bien documentée qui obstrue progressivement les artères. Faire mesurer ton taux d'apoB donne à ton médecin une image bien plus précise de ton risque réel que le seul LDL-cholestérol.
Les particules de LDL pénètrent dans la paroi interne des artères et y sont retenues par des molécules d'ancrage présentes dans le tissu. La protéine apoB, portée par chaque particule de LDL, se fixe à ces molécules d'ancrage. Les particules s'accumulent ainsi dans la paroi vasculaire, même sans signal particulier. Plus il en circule dans le sang, plus ce phénomène se répète.
Une fois piégées dans la paroi, ces particules de LDL se modifient chimiquement. Elles libèrent des lipides qui déclenchent une inflammation dans les cellules vasculaires, laquelle attire à son tour des cellules immunitaires. Un excès de LDL enclenche ainsi une réaction en chaîne qui s'auto-entretient.
Les cellules immunitaires qui arrivent tentent d'ingérer les particules de LDL modifiées. Elles y parviennent, mais se surchargent de graisses et se transforment en « cellules spumeuses ». Ces cellules finissent par mourir, incapables de gérer cette surcharge lipidique. L'accumulation de cellules mortes et de cristaux de cholestérol forme la couche la plus dangereuse d'une plaque d'athérome, appelée noyau nécrotique. Si ce noyau se rompt, un caillot sanguin peut provoquer une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.
Chaque particule athérogène, qu'il s'agisse de LDL, de VLDL ou de particules dites résiduelles (remnants), porte exactement une molécule d'apoB. Le nombre de molécules d'apoB dans ton sang indique donc précisément combien de ces particules dangereuses y circulent. Cela rend l'apoB plus précis que le LDL-cholestérol classique, qui ne mesure que la quantité de graisses transportées à l'intérieur des particules. Deux personnes affichant le même LDL-cholestérol peuvent avoir des nombres de particules très différents, et donc des risques cardiovasculaires très différents. Les recommandations européennes de cardiologie considèrent d'ailleurs l'apoB comme le meilleur marqueur de risque.
Les particules résiduelles (remnants), c'est-à-dire les restes de lipoprotéines riches en graisses après leur dégradation, méritent une attention particulière. Dans une étude portant sur plus de 17 000 personnes sans maladie cardiovasculaire connue, des taux élevés de cholestérol résiduel augmentaient le risque d'événement cardiovasculaire de 65 %, même après correction pour le LDL et l'apoB. Ces particules semblent causer des dommages par leurs propres mécanismes, probablement parce que leur forte teneur en triglycérides amplifie l'inflammation dans la paroi artérielle.
Toutes les étapes mécanistiques reposent sur des preuves solides issues de plusieurs études (PMID 39743565, 36216435, 34625741). Les données sur les particules résiduelles (PMID 34293083, 41701506) proviennent de larges études observationnelles, mais aucune preuve causale définitive n'existe encore chez l'humain. Les travaux sur HELZ2 et les thérapies vaccinales, menés uniquement sur des modèles animaux ou en phase préclinique, ont été écartés du texte principal car ils ne répondent pas directement à la question posée.