Vit-on plus longtemps avec un régime végétarien ou à base de plantes ?
Une alimentation végétale de bonne qualité est associée à moins de décès prématurés. Mais manger strictement végétarien ou végétalien n'est pas prouvé supérieur à une alimentation variée incluant de la viande ou du poisson de façon occasionnelle.
Une alimentation végétale de qualité est associée à un risque moindre de décès prématuré. Les Chinois âgés qui consommaient le plus d'aliments végétaux frais, comme les fruits, légumes, légumineuses, noix et thé, avaient 19 % moins de risque de mourir que ceux qui en mangeaient le moins1. Plusieurs études montrent aussi que les végétariens présentent un risque plus faible de mortalité cardiovasculaire, probablement grâce à un taux de cholestérol plus bas, un poids plus sain et un apport plus élevé en antioxydants2,3.
Le tableau est pourtant plus nuancé que 'le végétal gagne toujours'. Quand on compare les végétariens à des non-végétariens soucieux de leur santé qui mangent parfois de la viande, la différence de mortalité par cancer ou par AVC disparaît2. Un mode de vie globalement sain pèse donc plus lourd que la seule suppression de la viande. Une étude de synthèse récente ne trouve d'ailleurs aucun avantage clair d'un régime strictement végétarien sur un régime flexitarien. Parmi les régions connues pour leur concentration exceptionnelle de centenaires, une seule population mange majoritairement végétarien4.
La qualité de ce qu'on mange s'avère déterminante, et non la simple quantité de végétaux. Un régime végétal riche en légumes conservés et en sucre était au contraire associé à une mortalité 17 % plus élevée1. Le frais et le non-transformé protègent ; le transformé et le sucré, non. Cette distinction compte davantage que l'étiquette 'végétarien'.
Chez les végétaliens, le taux de mortalité global est comparable dans les études disponibles à celui des végétariens et des personnes qui mangent de la viande occasionnellement5. Chez les Chinois de plus de 80 ans, un régime végétarien ou végétalien était même associé à une probabilité plus faible d'atteindre 100 ans, notamment chez les personnes en sous-poids6. À un âge avancé, une alimentation variée combinant sources animales et végétales semble plus favorable à une longévité exceptionnelle.
Pour certaines personnes, un régime strictement végétalien comporte des risques concrets. Des carences en vitamine B12, vitamine D, acides gras oméga-3, fer, calcium et zinc ont été documentées chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées5,6,3. Les compléments alimentaires sont indispensables pour ces groupes. Ce n'est pas une raison d'éviter une alimentation végétale, mais c'est une raison sérieuse de rester vigilant.
Toutes les études sont observationnelles : elles révèlent des associations, mais ne permettent pas d'établir un lien de cause à effet. Les populations étudiées sont très hétérogènes, issues de Chine, d'Europe et d'Amérique du Nord. Il n'existe pas d'essais cliniques randomisés ayant la mortalité comme critère principal.